Le nearshore IT, c’est-à-dire l’externalisation de services informatiques vers des pays voisins ou proches, suscite un intérêt grandissant. Dans un contexte où les cybermenaces, la conformité réglementaire et la maîtrise des projets sont devenues critiques, de nombreuses entreprises perçoivent le nearshore comme une alternative plus sécurisée et transparente à l’offshore lointain. En 2025, la tendance est claire : les DSI et CTO ne cherchent plus seulement la réduction des coûts à tout prix, ils exigent des partenariats fiables et une vraie visibilité sur les opérations. La demande en nearshore s’accélère ainsi, poussée par la quête d’une meilleure performance et d’un risque maîtrisé. Le nearshore, avec sa proximité géographique et culturelle, promet une collaboration plus fluide et un meilleur contrôle des risques – de quoi en faire sur le papier une alternative attrayante à l’offshore traditionnel. Mais cette promesse tient-elle vraiment dans la réalité ? Décryptons les avantages concrets – et les limites – du nearshore face à l’offshore sur les volets de la sécurité, de la conformité, de la transparence et du pilotage des projets IT.
Sécurité des données et conformité réglementaire
Une enquête récente indique même que certains grands groupes choisissent explicitement des équipes nearshore pour des raisons de conformité, afin de garder les données et processus sensibles dans le giron de leur législation nationale ou régionale
Lorsqu’il s’agit de protéger les données sensibles et de respecter des normes comme le RGPD, l’origine géographique du prestataire peut faire une grande différence. Un partenariat nearshore signifie souvent opérer dans un cadre légal similaire à celui de l’entreprise cliente. Par exemple, une société européenne qui confie son développement logiciel à une équipe en Europe de l’Est ou en Afrique du Nord bénéficie de lois et standards de protection des données proches des siens. La proximité juridique facilite la rédaction de contrats solides et l’application de mesures de confidentialité robustes. En pratique, la gestion de la sécurité et de la conformité est plus simple avec un prestataire nearshore partageant des réglementations comparables – les audits sont plus aisés et les contrôles plus directs. Par contraste, l’offshore classique implique souvent de jongler avec des lois étrangères parfois moins strictes ou divergentes. Les risques de non-conformité ou de fuite de propriété intellectuelle y sont accrus lorsque l’on externalise hors de son espace réglementaire : la protection juridique des logiciels et données peut s’avérer moins claire, et exiger une vigilance renforcée pour s’assurer que les lois locales respectent bien les exigences du client.

Cette différence explique pourquoi de nombreux secteurs régulés préfèrent le nearshore. Dans la finance ou la santé par exemple, on observe que les entreprises privilégient des partenaires situés dans des juridictions familières pour traiter des données critiques. Une enquête récente indique même que certains grands groupes choisissent explicitement des équipes nearshore pour des raisons de conformité, afin de garder les données et processus sensibles dans le giron de leur législation nationale ou régionale. De plus, les prestataires nearshore en Europe ou en Amérique du Nord alignent leurs pratiques sur des référentiels de sécurité internationaux (ISO 27001, certifications SOC, etc.), rassurant ainsi leurs clients sur la solidité de leur gouvernance IT.
Toutefois, opter pour le nearshore ne signifie pas baisser la garde. Il est impératif de sélectionner rigoureusement le prestataire et de lui imposer les mêmes standards de sécurité qu’à un fournisseur offshore : politiques de cybersécurité, chiffrement des données, audits réguliers, etc. La proximité géographique n’élimine pas les failles possibles si le partenaire n’a pas une culture de sécurité suffisante. À l’inverse, un fournisseur offshore de premier plan peut très bien atteindre un haut niveau de sécurité et de conformité – via des centres de données certifiés, des protocoles stricts et une forte culture de protection des données. En somme, le nearshore crée des conditions plus favorables à la sécurité et à la conformité (cadre légal aligné, contrôle accru), mais la responsabilité finale repose sur le choix d’un prestataire fiable et sur une gouvernance rigoureuse du côté du client.
Communication fluide et proximité culturelle
De même, un rapport Deloitte révèle que 70 % des entreprises privilégient le nearshore précisément pour cette meilleure synchronisation des horaires et l’aisance de collaboration que cela procure
Un atout souvent mis en avant du nearshore est la communication en temps réel rendue possible par des fuseaux horaires proches. Collaborer avec une équipe dans un pays voisin garantit une large plage horaire commune, permettant des réunions quotidiennes, des réponses rapides aux imprévus et un mode de travail “follow-the-sun” beaucoup plus naturel. Qui n’a pas vécu, avec un prestataire à l’autre bout du monde, ces décalages d’une journée pour résoudre un bug urgent ou valider un livrable ? Avec le nearshore, ces frictions temporelles s’estompent : les cycles de feedback sont plus rapides et les décisions peuvent être prises sans attendre le lendemain. Par ailleurs, la barrière de la langue est souvent moindre en nearshore. Les pays proches partagent fréquemment une langue commune ou du moins une forte maîtrise de l’anglais. Cela évite les malentendus et facilite les échanges informels comme formels.
La proximité culturelle joue également un rôle clé dans la transparence et la confiance mutuelle. Des équipes qui partagent des références culturelles et un style de travail similaire s’alignent plus facilement sur les attentes. Par exemple, les méthodologies Agile nécessitent une communication constante et honnête – chose plus intuitive quand les équipes ont des valeurs professionnelles compatibles. On constate que les prestataires nearshore adoptent souvent des pratiques de gestion de projet proches de celles de leurs clients, ce qui réduit l’effet “distance” dans le pilotage quotidien. Il n’est donc pas surprenant que la proximité soit devenue un critère déterminant dans le choix d’un partenaire IT : une enquête de 2023 a classé la localisation proche comme facteur numéro un pour sélectionner un prestataire, même si une option plus lointaine offrait un coût inférieur. De même, un rapport Deloitte révèle que 70 % des entreprises privilégient le nearshore précisément pour cette meilleure synchronisation des horaires et l’aisance de collaboration que cela procure. Autrement dit, beaucoup d’organisations acceptent de payer un peu plus cher pour s’assurer que leurs équipes puissent travailler quasiment côte à côte avec le fournisseur externe au quotidien.

Attention toutefois à ne pas idéaliser : “proche” ne veut pas dire “identique”. Même en nearshore, il existe des différences culturelles (approche du management, rapport au temps, style de communication…) entre le client et le prestataire – simplement, ces écarts sont généralement moins profonds qu’avec un offshore lointain. Il convient de cultiver activement la communication et de clarifier les attentes dès le départ. Des visites régulières sur site, rendues faciles par la courte distance, aident à renforcer la relation et lever d’éventuels quiproquos. À l’inverse, avec un prestataire offshore, il faudra investir davantage dans des recouvrements horaires (équipes de nuit, relais intermédiaires) et des efforts d’adaptation culturelle. Beaucoup d’entreprises mettent en place des programmes d’échange ou de formation interculturelle pour atténuer ces obstacles dans l’offshore. En somme, le nearshore offre un confort de communication et une aisance culturelle supérieurs – des ingrédients qui favorisent la transparence – mais le succès de la collaboration dépendra toujours de la qualité du dialogue instauré entre les équipes, quelle que soit la distance.
Transparence du fournisseur et contrôle du projet
Une étude Deloitte a d’ailleurs montré que 57 % des entreprises ayant abandonné l’outsourcing classique au profit d’un modèle d’équipe dédiée nearshore l’ont fait pour reprendre la main sur le pilotage et avoir plus de contrôle sur les résultats
Travailler avec un partenaire nearshore facilite une gestion transparente et un contrôle rapproché des projets IT. D’une part, la distance réduite permet aux équipes internes du client d’interagir fréquemment avec l’équipe externe, voire de se déplacer facilement pour des ateliers en personne ou des contrôles sur site. D’autre part, les prestataires nearshore, de par leur taille souvent plus humaine et leur culture d’entreprise proche de celle du client, ont tendance à opérer dans un esprit de “partenariat transparent” : utilisation des mêmes outils collaboratifs, partage en temps réel des tableaux de bord projet, reporting régulier et proactif des problèmes rencontrés. Il est courant que l’équipe nearshore soit intégrée aux réunions quotidiennes (daily stand-ups) et aux sprints Agile du client, comme une extension naturelle de son département IT. Cette intégration se traduit par une visibilité quasi-quotidienne sur l’avancement, les obstacles et la qualité du travail fourni, renforçant la confiance. En revanche, dans un schéma offshore classique, le découplage géographique peut entraîner une forme d’opacité involontaire : le décalage horaire et la moindre interaction directe laissent parfois le client dans le flou entre deux points d’avancement. Une étude Deloitte a d’ailleurs montré que 57 % des entreprises ayant abandonné l’outsourcing classique au profit d’un modèle d’équipe dédiée nearshore l’ont fait pour reprendre la main sur le pilotage et avoir plus de contrôle sur les résultats. Le nearshore répond bien à ce besoin en offrant un sentiment de maîtrise accrue : le client peut plus facilement suivre, intervenir et ajuster le cap du projet en cours de route.

Un autre aspect de la transparence tient à la clarté des engagements et des coûts. Les prestataires nearshore, soumis à des environnements business proches des nôtres, sont généralement habitués à plus de transparence contractuelle. Ils proposent des modèles tarifaires plus lisibles (forfaits, régie contrôlée, etc.) et communiquent sans trop de réticence sur la composition de leurs équipes, leurs sous-traitants éventuels ou leurs indicateurs de performance. Cela permet au client de savoir précisément “à quoi s’en tenir” et d’éviter les mauvaises surprises en cours de projet. En offshore éloigné, de mauvaises pratiques subsistent parfois : manque de visibilité sur qui code effectivement, changements d’équipe non signalés, ou informations filtrées par peur de déplaire au client. Ce genre d’opacité est évidemment toxique pour la réussite du projet. Miser sur la transparence est donc primordial, quel que soit le modèle – et sur ce point, la proximité nearshore rend les choses plus naturelles. Quand la communication est facile et que la culture valorise la franchise, il est plus probable que les problèmes soient remontés tôt et traités en collaboration, plutôt que masqués jusqu’à devenir critiques.
Néanmoins, il faut garder à l’esprit que la transparence et le contrôle dépendent avant tout de la gouvernance mise en place. Un projet nearshore mal encadré pourra tout autant déraper qu’un projet offshore. À l’inverse, de grands fournisseurs offshore ont investi dans des outils de suivi en ligne, des méthodologies Agile à distance et des responsables de clientèle dédiés pour garantir une bonne visibilité à leurs clients malgré la distance. En pratique, le choix du bon partenaire et la définition d’indicateurs de pilotage clairs importent plus que la latitude ou la longitude. “Nearshore ou offshore, la réussite dépend surtout du bon prestataire” résument d’ailleurs de nombreux experts du secteur. Le client doit donc sélectionner un fournisseur ayant fait ses preuves, avec des processus transparents et une culture d’entreprise compatible avec la sienne. Enfin, il convient de noter que les avantages du nearshore (contrôle accru, interactions directes) s’accompagnent de certaines contreparties : les tarifs journaliers des ingénieurs nearshore restent supérieurs à ceux des pays offshore à bas coût, et le vivier de compétences disponible peut être plus restreint dans la proximité régionale. La transparence et la maîtrise ont un prix qu’il faut accepter d’investir. La décision se résume à arbitrer entre l’économie pure et la valeur ajoutée en termes de sécurité, de qualité et de confiance. Beaucoup d’entreprises font ainsi le choix d’allouer leurs projets stratégiques et sensibles à des partenaires nearshore de confiance, tout en continuant à exploiter l’offshore sur des tâches à plus faible enjeu. C’est cette approche équilibrée qui semble aujourd’hui offrir le meilleur des deux mondes.
Conclusion : avantage stratégique et nécessité de vigilance
En définitive, le nearshore IT tient largement ses promesses de sécurité renforcée et de transparence accrue par rapport à l’offshore classique, sans pour autant être une solution miracle en soi. Du point de vue de la sécurité et de la conformité, la proximité géographique apporte un cadre juridique rassurant et simplifie la gestion des données sensibles – un atout indéniable pour les entreprises soucieuses de respecter les normes et de protéger leur capital informationnel. Sur le plan de la communication et de la transparence, la collaboration en temps réel et l’alignement culturel offerts par le nearshore favorisent la confiance mutuelle, la rapidité d’exécution et un contrôle plus fin des projets. Ces avantages font du nearshore un choix particulièrement judicieux pour les projets à haute criticité, qui exigent réactivité et alignement (par exemple une application métier devant être conforme dès sa conception aux régulations locales, ou un développement agile nécessitant des itérations constantes avec l’équipe métier).

Pour autant, il est crucial de nuancer : choisir le nearshore plutôt que l’offshore ne dispense pas de mettre en place une véritable stratégie de gestion des prestataires. La réussite d’une externalisation repose avant tout sur la qualité du partenaire sélectionné et sur la rigueur du suivi. Un fournisseur proche géographiquement mais manquant de compétences, ou un projet mal piloté, conduiront aux mêmes échecs qu’un offshore mal maîtrisé. À l’inverse, certaines entreprises combinent habilement les deux modèles – par exemple en confiant le cœur stratégique et les aspects sensibles à un prestataire nearshore de confiance, tout en continuant d’exploiter l’offshore pour bénéficier d’économies d’échelle sur d’autres tâches. Les leaders IT les plus avisés reconnaissent d’ailleurs que l’avenir n’est pas un choix binaire nearshore vs offshore, mais une utilisation complémentaire des points forts de chacun. En ce sens, le principal enseignement est que la localisation du prestataire est une variable à intégrer dans une vision plus large : sécurité, conformité, communication et contrôle doivent être pensés comme des critères stratégiques dès la sélection du fournisseur. Nearshore ou offshore, seul le bon partenaire, au bon endroit, permettra de réaliser vos objectifs.
En somme, le nearshore IT peut véritablement offrir un environnement plus sûr et plus transparent – pour peu qu’il s’inscrive dans une démarche stratégique globale. Aux décideurs de définir leurs priorités (risque, coût, flexibilité) et d’évaluer honnêtement où se situent leurs tolérances. Avec une telle analyse en amont, le choix du modèle d’outsourcing deviendra un levier de performance et non un simple arbitrage financier. Et dans tous les cas, gardez à l’esprit que la clé du succès réside dans la relation de confiance établie avec votre prestataire : quelle que soit la distance, un partenariat étroit, transparent et bien gouverné restera votre meilleur atout. À ce titre, se tenir informé des bonnes pratiques et s’entourer d’experts peut grandement aider à naviguer ces décisions complexes – n’hésitez pas à approfondir le sujet et à vous faire accompagner pour sécuriser vos projets IT à venir.
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